Comment se fabrique un chapeau en feutre

La fabrication d'un feutre repose sur un phénomène "naturel" connu depuis les temps préhistoriques. Elle procède d'un enchevêtrement de fibres animales soumises à l'action combinée de la chaleur humide et du mouvement : ... les écailles - formant la surface de la fibre de laine - s'accrochent entre elles et l'ensemble se resserre. La chaleur et l'humidité augmentent la frisure de la laine et facilitent l'enchevêtrement des fibres, l'acidité favorise l'ouverture des écailles.

Ce sont les poils de lièvres, de lapins domestiques et de garenne qui constituent la matière première utilisée à Chazelles pour le feutre de luxe, en opposition au feutre de laine plus ordinaire.
 
L'art du chapelier, qui repose sur une spécificité de technologie et un nombre important de phases de fabrication, requiert des compétences particulières. Nous ne citerons que les principales.
Le cycle complet de production nécessite, encore aujourd'hui, de 9 à 12 jours

le soufflage : consiste à éliminer, par un procédé de ventilation, toutes les impuretés, dont le poil le plus grossier : le jarre. Le poil le plus fin et le plus léger est sélectionné par passage dans une longue machine en bois et en fonte. La matière première est alors prête à l'emploi.

Le bâtissage : 100 grammes de poils sont projetés sur un grand cône de métal perforé, puis arrosés d'eau chaude. Ici naît la première forme dont la taille atteint environ 5 fois celle du futur chapeau

Le semoussage : sous les mains du " semousseur ", et protégées par un drap de laine blanc, les cloches bâties sont roulées et frottées sur une table chauffante. Après 10 minutes, les poils commencent à s'agglomérer et la matière à prendre consistance. Ce premier feutrage leur fait perdre 10 cm environ.

Le foulage : après 5 à 6 heures de passages renouvelés entre des rouleaux arrosés d'eau bouillante acidulée, les cloches se feutrent définitivement et atteignent environ 30 à 40 cm. Elles deviennent alors résistantes et imperméables.

La teinture : elle fait appel au " chimiste " qui, par dosage des colorants chimiques, obtient la nuance désirée dans toute la " tranche " (l'épaisseur) du feutre.

Les finitions : selon le travail effectué à la surface du feutre, différentes qualités peuvent être obtenues

Feutre ras : (feutre lisse) ponçage du feutre au papier de verre

Feutre taupé : (imitation velours) le poil est tiré à l'aide d'une peau de chien de mer, puis tondu.

La mise en forme : Après un premier étirage rudimentaire effectué par une machine, les cônes de feutre sont ramollis à la vapeur dans la " marmite " et formés à la main sur des moules de bois choisis selon les multiples exigences et les différentes " entrées " (tours de tête) de la clientèle.

Le bichonnage : permet, grâce à l'action du fer à repasser, de donner au chapeau son brillant et de parachever sa forme.

Le garnissage : consiste en la pose des bordures, cuirs et galons décoratifs.


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