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Histoires de chapeaux!

Posté Par: CHAPELLERIE APRES LA PLUIE Dans: les chapeaux Sur: Tuesday, June 7, 2016

Il était une fois...
Des histoires de chapeau !
Pas forcément connues du grand public ! Faufilons-nous dans l'espace temps et découvrons un "monde" romantique, drôle, élégant ou mystérieux...

  • Toutes les formes des chapeaux furent crées très tôt dans l'histoire de l'humanité.

 

Au cours des 500 dernières années, on modifia la taille, les proportions et les garnitures plutôt que le style lui-même.

L'historique du chapeau moderne retrace les variations qu'ont subies ces formes de base. On peut même aller jusqu'à dire que la plupart tu temps, on n'a utilisé que deux matières : Le feutre et la Paille ! Pour autant, le chapeau, plus qu'aucun autre accessoire de mode, permit aux créateurs d'exprimer leur talent et de laisser libre cours à leur imagination, car il offre une infinie variété de possibilités.

Chapeaux du 15ème siècle

Au cours des siècles, le chapeau fut par excellence l'accessoire de mode qui pouvait, le mieux, indiquer rapidement, la personnalité et le rang social de celui ou celle qui le portait.

Comme la plupart des chapeaux ultérieurs, le modèle le plus ancien "Le pilos" (porté dans l'antiquité porté uniquement par une certaine classe sociale. Le Pilos est en forme de bonnet ) indiquait le rang social tout en étant pratique. Cependant, le rang n'éait alors signalé par les matériaux employés, les ornements et la taille, comme ce sera le cas pour les chapeaux modernes.

Le pilos n'était pas plus élaboré qu'une calotte. Il était confectionné en cuir, en toile de lin ou en laine. Il enveloppait la tête et s'arrêtait au niveau des oreilles.

On peut voir sur les statues grecs un pilos sur la tête, (à droite une statue d'Ulysse)bonnet pilos ulysse

bonnet pilos

On pense bien évidemment lorsqu'on voit un pilos à notre "bonnet marin" actuel !

Puis apparut la "Pétase" qui ressemblait à un pilos avec des larges bords.

Le dieu greque Hermès sera représenté avec une Pétase hornée d'ailes.

Marc Veyrat célèbre et grand chef cuisinier porte une Pétase avec beaucoup d'élégance et affirme par ce chapeau tout son talent !

chapeau marc veyrat

Si l'on ajoute le turban, le capuchon et la couronne, nous avons les styles qui sont la base de tous les chapeaux créés depuis la période gréco-rmaine.

Au cours du Moyen Age, le couvre-chef évolua lentementcomme toutes les modes de cette époque. La plupart des hommes ne portaient des chapeaux que lorsqu'ils voyageaient. Les femmes suivirent la tradition des matrones grecques et romaines, et se couvraient la tête de foulards de de chapuches de manteaux.déesse greque

Demeter

Portés occasionnellement au début du Moyen Âge, les chapeaux devinrent peu à peu à la mode et presque tout le monde en portait, dehors et aussi à la maison. Les banquiers dans leur office, les invités à des banquets et les artisans dans leur atelier...Tous portaient le couvre-chef ! Les chapeaux étaient devenus un élément important dans le déploiement de magnificence qui caractérisa l'Europe de la fin du Moyen Âge.

Au début du XIVème siècle apparait le "Liripipion" sorte de capuchon allongé qui va aller en s'allongeant pour se porter en turban à la fin du siècle. A l'origine d'une mode de cour, ce style se répandit dans toutes les classes sociales. Souvent ouaté, il suggérait un serpent. Mais saviez-vous que en fait, le Liripipion était un symbole phallique ? Les hommes qui le portaient et le manipulaient étaient pleinement conscients de son pouvoir de suggestion. Bien qu'il ne fut pas l'accessoire de mode le plus pratique, le Liripipion donnait à l'élégant une assurance qui ne fut pas facile à ébranler.

liripipionle "Hennin" du  XVème siècle fut sûrement l'un des plus bizarres et des moins pratiques de tous les accessoire de mode jamais créés. Mais, comme la plupart des modes féminines, c'était tout simplement une tentative pour rivaliser, voire surpasser la mégalomanie galopante des hommes de l'époque. On peut y voir simplement une exagération des grands couronnes pointues qui étaient alors très en vogue chez les hommes.

marie de bourgogneMarie De Bourgogne


La hauteur du Hennin est sujette à caution. Aucun exemplaire d'époque n'ayant été retrouvé, nous ne pouvons tirer des conclusions qu'à partir des oeuvres laissées par des peintres ou des sculpteurs. Les oeuvres d'art étant des produits de l'imagination et de même les artistes peintres de l'époque éxagèrent la taille et allongent les proportions, il se pourrait donc que la hauteur des hénnins soit exagérée !?

Le successeur du hénnin est la coiffuure papillon qui dominera le XVème siècle et sera conforme aux principales règles qui régirent la mode féminine jusqu'au XXème siècle : Ces coiffes étaient incommodes et génantes. On peut donc considérer les le hennin et autres coiffures papillon entravaient autant qu'ils glorifiaient..

Tout comme la couronne qui avait sa propre signification qui désigne la personne socialement la plus haut placée, on s'en inspira pour créer des couvre-chefs. C'est pourquoi les chapeaux des hommes et des femmes de cette époque imitent la magnificence de la courronne.

Cromwell, thomas cromwelllord-protecteur d'Angleterre, portait un chapeau orné d'une parure de diamants en guise de boucle et la légende raconte que cet ornement lui sauva la vie par deux fois : La première à Worcester, lorqu'un royaliste le visa à la tête et la seconde, alors qu'il se rendait à l'Hôtel de ville pour dîner avec le Lord maire et les shérifs, une femme voulant venger l'exécution de Lord Francis Villiers, tira sur lui d'une fenêtre à Ludgate. Les deux fois, la boucle fit dévier les balles...

A partir du XVIème siècle, les styles de couvre-chefs profilèrent. Philip Stubbes

un pamphlétaire anglais puritain, réportoria dans son "Anatomie of abuses (1583) les nombreux types de chapeaux qui suscitèrent sa désapprobation, en particulier lorsqu'ils étaient portés par les éléments tapageurs de la société.

anatomy of abuses

..."Parfois, ils portent un chapeau pointu, s'élevant tout droit comme la flèche d'un clocher et se dressant à un quart de yard au-dessus de leur tête ; Parfois à une hauteur moindre, selon les fantaisies de leur esprit inconstant. Certains portent des chapeaux plats et larges sur le dessus, comme les créneaux d'une maison. D'autres portent des calottes rondes ornées parfois d'un ruban, tantôt noir, tantôt blanc, tantôt roux, tantôt rouge, tantôt vert ou tantôt jaune : Jamais satifaits d'une couleur ou d'une mode deux jours de suite. Et de même que les modes sont variées et étranges, de même les matières dont sont faits les couvre-chefs sont très

diverses : Soie, velours, taffetas, taffetas léger, laine, et ce qui est plus curieux, une certaine sorte de poils fins, avec lesquels on fabrique des chapeaux qu'on appelle des "castors". Ceux-ci coûtent dix, vingt ou quante shillings, et sont importés d'outre-mer. Et ces chapeaux sont devenus une chose si commune que tout domestique, comptable et autre, tous sans distinction, en portent, car il est insignifiant et peu estimé parmi les hommes, celui qui n'a pas un chapeau en velours ou en taffetas, qui doit être coupé selon la toute dernière mode".

Charles 1er portait un chapeau simple, dont la calotte était en forme de tube : On l'appela "le chapeau tuyau de poêle". chapeau tuyau de poeleIl était fabriqué avec les plus beaux poils de castor importés du Canada et traités à grands frais pour donner à la surface du chapeau des reflets rouges. Charles 1er le portait losrqu'il comparut devant la Haute Commission à Westminster Hall et refusa de l'enlever en présence du tribunal. Il le portait aussi en allant à l'échafaud, anéantissant ainsi la mode des chapeaux à calotte haute pour plus d'un siècle.

De même le chapeau à hauts bords des femmes de la noblesse élisabéthaine avait été balayé de la mode car la blanchisseuse de la reine, Madame Turner en porta un, le jour de sont exécution à Tyburn. Néanmoins, le chapeau à calotte haute était toujours fortement à la mode. Ce type de chapeau fût même choisi par les puritains qui l'appelait "pains de sucre", bien qu'il ne fût en aucun cas une forme pratique de couvre-chef.

En 1653 John Bulwer (médecin anglais et philosophe naturel baconien)se demandait dans un de ses ouvrages "Anthropometamohoses" : Man Transformed :

" Qu'étaient donc nos chapeaux pains de sucre, si vigoureusement critiqués plus tard par les hommes et les femmes, si incommodes pour nous que le moindre souffle de vent les faisait envoler, de telle sorte qu'il nous fallait toujours les maintenir d'une main ?"

Ce furent les femmes qui abandonnèrent cette mode les premières

Ned Ward, un satirique écrivain à la mode au début du XVIIIème siècle, faisait dire à une femme qui s'adressait à son mari :

"Je crois vraiment que tu m'y ferais aller avec un chapeau à haute calotte et une coiffe, comme une vieille bique !"


Ces propos méprisants reléguaient le "chapeau haut de forme" au monde rustre des habitants de la campagne...Les femmes ne devaient donc plus jamais porter de chapeaux à haute calotte, ce style ayant été assimilé à la simplicité démodée de la province.

Les chapeaux à larges bords

Que portaient les mousquetaires en France étaient impressionnants mais pas particulièrement pratiques. Leurs larges bords s'affalaient et devaient constamment être relevés. Les chapeaux des cours de Louis XIV (à gauche) louis 14et de Charles II (à droite) étaient magnifiques : Des galons d'or ornaient leurs bords et leurs calottes enfouies

 sous les plumes.                                  charles 2Mais l'introduction de la perruque rendit impossible le port de tels chapeaux. Il furent remplacés par le chapeau du XVIIIème siècle le très célèbre "Tricorne" portés en Europe par les gentilshommes et les courtisans.

Le Tricorne, un chapeau de ville

Ce chapeau était particulièrement fait pour parader.  Le gentilshomme le portait à la main plutôt que sur sa tête de crainte de faire bouger sa perruque !

John Sly, "Mercier, chapelier et marchand de tabac" fit insérer une publicité dans le journal Spectator dans laquelle il disait qu'il était en train de préparer "des chapeaux pour les diverses têtes qui font bonnes figures dans le royaume de Grande-Bretagne, avec des cornes représentatives de leurs pouvoir et de leurs talents.". Ses chapeaux destinés aux hommes des facultés de droit et de méddecine sont juste relevés pour donner un peu de vie à leur sagacité : Ses chapeaux militaires éclairent le visage en plein : Et il a crée un chapeau à cornes faciles à porter pour tous les bons compagnons.

Le chapeau à cornes ou tricornes est le plus populaire du XVIIIème siècle, ici porté par le Général Kléber, l'un des généraux de Napoléon.

tricornePour autant, une mode aussi universelle ne pouvait que tomber en disgrâce et, en effet le tricorne fut supplanté par le Nivernois

qui faisait fureur dès 1770. Il était extrèmement et ridiculement petit et ses rabats étaient fixés au niveau d'une calotte plate.

Il fut donc condamné et on remit au goût du jour les chapeaux ronds, alors que la révolution française donna le coup de grâce au tricorne qui disparut des deux côtés de la Manche et de l'autre côté de l'Atlantique. Les hommes adoptent donc le bicorne pour les cérémonies et pour les porter avec un uniforme.

L'homme nouveau préférait la puissance à l'élégance, la sobriété au sensationnel et il était inévitable que le bicorne devienne le chapeau de Napoléon.

bicorne napoléonA la fin du XVIIIème siècle apparait un nouveau métier : "Marchand de mode".Avant 1776, la profession était divisée en plusieurs métiers ; Les lingères qui confectionnaient les bonnets, les chapeliers qui fabriquaient les chapeaux de paille ou de feutre et les merciers qui fournissaient les garnitures.

Après cette date, toutes ces spécialités seront réunies au sein de la même corporation des marchands de mode. Ces derniers eurent le droit de fabriquer et de vendre. C'est aussi à cette époque que les femmes commencent à créer leur propre mode en matière de couvre-chefs sans suivre les évolutions des chapeaux masculins.

La chapellerie féminine devient une forme d'art et donne naissance au métier de modiste. Elles fabriquent exclusivement des chapeaux pour les femmes, laissant aux chapeliers la fabrication de ceux destinés aux hommes.

Le syle le plus populaire pour les femmes était le chapeau plat, principalement en paille, soit petit avec un bord étroit, soit plus grand avec un bord large. Il était inconfortablement posé au sommet de la perruque poudrée et ressemblait plutôt à une grande assiette. On le portait soit complètement à plat, soit incliné vers le front. Les femmes de condition moyenne adoptèrent le charlotte qui fut grâce à

chapeau de paille grands bords l'invention du tulle en 1768 le couvre-chef le plus porté !

charlotteCette coiffe peu onéreuse

qui couvrait presque entièrement les cheveux restera à la mode jusqu'au XIXème siècle.


Le premier chapeau Haut de forme  fut créé à Paris. Fait en poil de castor très lustré, ce chapeau donnait tellement l'impression d'ête fait en soie qu'il fut appelé "castor en soie".

Il faut introduit à Londres dans les années 1790 par John Hetherington, un chapelier londonien, qui créa la "peluche" du chapelier : Une très fine peluche de soie appliquée à une base en feutre pour faire croire que le chapeau était en soie. On raconte que lorsqu'il apparut pour la première fois à Whitehall coiffé de son haut chapeau noir lustré, il provoqua une émeute. Après les moqueries, la colère...La foule lui lança tout ce qui se trouvait à portée de main. Hetherington survécut, ainsi que son chapeau qui devint le couvre-chef qui fit autorité au cours du siècle suivant !                                John Hetheringtonhaut de formeLes chapeliers de la firme "Lock" appelaient chaque style de chapeau d'après le nom du client pour lequel il le créait.

Ainsi appelèrent-ils le chapeau melon qu'ils conçurent en 1850 à William Coke de Norfolk, un chapeau Coke. Les anglais prirent donc l'habitude de le nommer d'après le nom de famille du fabricant Bowler de Southwark. En anglais chapeau melon se dit "bowler hat". Le melon était le premier chapeau rigide à calotte ronde. William Cok l'avait commandé pour surmonter le problème d'avoir constamment à remplacer les chapeaux mous de son garde-chasse qui s'abimaient trop vite. Il voulait un chapeau aussi rigide que le haut de forme mais moins haut...Il testa la solution de la maison Lock en se mettant debout sur la calotte du chapeau qui surpporta son poids et acheta le couvre-chef : Le chapeau melon était né !

Si au XIXème siècle les chapeaux des hommes restent rigides et sévères, ceux des femmes changent constamment de styles.

Tenues à l'écart des affaires de la politique, les femmes firent de la mode leur centre d'intérêt principal. La vitesse de ces changements s'accéléra au cours du siècle et dès la fin des années 1880, les styles apparaissent et disparaissent à une rapidité ahurissante ! Il fallut attendre l'aube du nouveau siècle pour qu'on commence à y voir plus clair; La Grande Guerre allait changer radialement et irrémédiablement la mode et préparer la voie au chapeau moderne d XXème siècle.

Le chapeau à cornes était donc le couvre-chef masculin standard au XVIIIème siècle et faisait partie de l'uniforme des officiers de nombreux pays. Le tricorne -que les français appelait  l'Androsmane et les anglais et les américains le Kevenhûller - était le style masculin par excellence jusqu'à ce que le bicorne fasse son apparition dans les années 1790.  Il avait l'avantage de se plier et de se mettre sous le bras ; D'où son nom populaire de "chapeau de bras". Il fut pourtant abandonné peu à peu par les militaires, malgré sa distinction, il n'était guère pratique. Il resta cependant un accessoire de tenue de cérémonie pour les officiers de haut rang dans les marines américaine, française et britannique jusqu'au XXème siècle. Il fait toujours partie de l'habit de cour et de la tenue diplomatique.

Le chapeau à corne fut remplacé par le shako hongrois qui fut tout d'abord adopté par l'armée prussienne au début du XVIIIème siècle, puis copié par la plupart des armées européennes et quelques régiments américains.shako chapeau militaire

Le shako, cône tronqué, avait une visière et généralement une plue ou un pompon. Il était souvent recouvert de poils et même s'il n'était pas très confortable, il protégeait bien. Il fut à son tour remplacé par le képi, qui fut introduit par l'armée française en 1861.

  • LE CHAPEAU ET LE CHAPELIER

L'histoire de l'industrie chapelière moderne commence au Moyen Âge, même si l'on portait des couvre-chefs dans les premières civilisations. Les matières premières pour la fabrication des chapeaux sont le feutre et la paille.

D'après la légende le feutre fut découvert par Saint Clément (qui devait devenir le quatrième évêque de Rome), lorsqu'il état moine errant. L'histoire raconte qu'il avait l'habitude de fourrer ses sandales de filasse (fibre de lin) pour protéger ses pieds et il découvrit que l'association de l'humidité et de la pression de ses pieds agglomérait les fibres. Après être devenu évêque, il se rappela de cette expérience et constitua des groupes de travailleurs pour développer ce processus.

Bien que cette légende ne repose sur aucun fait réel, elle persiste : En effet, Saint Clément le patron des fabricants de feutres et sa fête, le 23 novembre, est chômée par les Chapeliers...

Dès le XIXème siècle, on utilisait des peaux de lapin et de lièvre, que l'on considérait comme parfaitement acceptables, pour fabriquer presque tous les chapeaux de qualité supérieure.

Les employés de l'industrie du feutre étaient exposés à un risque dont le principal était l'inhalation des fumées dégagées par le nitrate de mercure, essentiel au feutrage des fourrures animales, ainsi qu'à l'inhalation de la poussière faite par le procédé de feutrage lui-même.Mis à part les conséquences sur les poumons, le fait de respirer constamment les fumées acide du mercure affectait le cerveau. L'expression "travailler du chapeau" (en anglais "mad as a hatter" : Fou comme un chapelier) n'était pas le fait du hasard. La paralysie et la perte de mémoire étaient suivies par l'aliénation mentale et la mort. Bien que les conséquences fussent tragiques, il était d'usage au XIXème siècle de se moquer de ceux qui souffraient de cette maladie. Aux Etats Unis on appelait celle-ci "the Dandury shakes" (les tremblements de Dandury) et dans toute l'Europe, les victimes étaient considérées comme des ivrognes, plutôt que comme des personnes handicapées à cause de leur travail.

 le Chapelier d'Alice aux pays des merveilles qui est le "chapelier fou"  est-il complètement un personnage de fiction ?

Les conditions de travail des modistes n'étaient pas meilleures.

 la fin du XIXème siècle, à Londres, la plupart des modistes vivaient au-dessus de l'atelier dans lequel elles étaient employées. L'arrangement pour le patron était plus que satisfaisant ! Pour le gite et le couvert, ils avaient de la main-d'oeuvre à disposition et ces professionnelles ne finissaient jamais leurs journées avant 22h voir au-delà de minuit.Les conditions déplorables dans lesquelles ces femmes travaillaient avaient une incidence dramatique sur leur état de santé...

Le premier chapelier vraiment mondialement célèbre s'appelait Richard Sharp. Né à Terre-Neuve en 1759, il fait fortune dans la chapellerie à l'âge de 46 ans. Il participa à un mouvement pour une réforme parlementaire (les amis du peuple), dans les années 1790 et en 1804 il fut élu membre du parlement pour la toute petite ville de Castle Rising. Il mourut en 1835, laissant une fortune évaluée à 

250 000 livres.

Le plus ancien chapelier du monde est LOCK, de Saint James's à Londres. Le premier Monsieur Lock -Georges James- était un marchand spécialisé dans le commerce avec la Turquie :Il ouvrit un magasin en 1676 dans St James's Street.chapellerie lock londres

chapellerie lock londresLOCK est le chapelier des milieux dirigeants britanniques. Depuis plus de 200 ans, la plupart des hommes les plus importants achètent leurs chapeaux au 6 St James's Street.

Réputé comme le créateur du chapeau melon, LOCK faisait principalement ses affaires avec la classe militaire et celle des propriétaires terriens, avec laquelle la maison était infiniment complaisante en matière de prix. Les aristocrates ayant pour habitude d'exiger de très longs crédits, les prix des chapeaux étaient fixés en conséquence et tenaient compte du coût du crédit.

Quelques chapeaux LOCK sur la tête de célébrité                                   Sean Connerysean connery

kate midleton                                                                                        Kate Middleton

D'autres clients aussi comme Charlie Chaplin charlie chaplinLe Prince Hakihito du Japon et la

reine Elisabeth II. Lors de son couronnement en 1953, on demanda à Lock de créer un ruban de chapeau pour la couronne impériale de cérémonie qui était trop large pour la reine.

elisabeth 2

Un Autre chapelier célèbre

à Londres Herbert Johnson

qui s'établit en 1889, après qu'Edouard VII, encore Prince de Galles, lui eu promit son soutien u cas où il aurait souhaité se lancer dans les affaires. Johnson s'associa à Edward Glazier et ouvrit une boutique 45 New Bon Street. Le prince de Galles continua à lui assurer sa clientèle lorsqu'il devin roi et il accorda la garantie royale à la maison. Il fut rejoint par le Tsar de Russie, le roi de Norvège et le roi de Suède. La clientèle royale est restée fidèle à la maison Herbert Johnson est le fournisseur de la reine et du prince De Galles.

On peut voir des chapeaux d'Herbert Johnson dans pratiquement tous les régiments de l'armée britanique et on en retrouve souvent dans des films :

Une de ses créations les plus célèbre pour le show-business est le chapeau de Safari du film Indiana Jones qui fut dessiné dans les locaux de New Bond Street par Steven Spielberg et Harrison Ford !

                                                             

                                                                                               Le chapeau de Jack Nicholson dans Batman !

chapeau indiana jones                  chapeau jocker batman               

my first lady
                                                         Le chapeau en tweed de Rex Harisson dans "My First Lady" ! 

Et le chapeau du célèbre inspecteur Clouseau que Peter Sellers appelait son "porte bonheur" inspecteur clouseauAucune maison ne revendique plus le titre de "Chapelier le plus célèbre du monde" que l'entreprise familiale  Borsalino.

Giuseppe Borsalinoborsalino

est né en 1834 au nord de l'Italie. Il fit son apprentissage à Paris avec Berteil, qui s'était spécialisé dans la fabrication des chapeaux de luxe en poil de castor. En 1856, il retourna en Italie et commença à former une petite équipe d'ouvriers. Le premier "Borsalino" fut fabriqué le 4 avril 1857 dans une cour de la Via Schiavina à Pecetto. Un an plus tard, Borsalino était installé dans des locaux convenables dans la Via del Vescovado. Dès le début, la maison fabriqua un nombre limité de styles : Les trentes premières années il n'y eu que 6 modèles. Borsalino commença avec dix employé, mais en 1886 ce nombre était passé à cent. Borsalino connut son heure de gloire au début du XXème siècle : Il gagna le Grand Prix à l'exposition de Paris de 1900, à Bruxelles en 1910, à Turin un an plus tard, et à nouveau à Paris en 1931. A partir de là, il fut réputé dans le monde entier pour ses feutres suprêmement élégants.

Cependant la maison Borsalino a connu bien des déboires ! 20 ans après la chute de son ancien actionnaire, le nouveau propriétaire se retrouve dans la ligne de mire de la justice Italienne

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  • Le chapeau à la scène

Les premiers numéro de music-hall exécutés avec des chapeaux étaient connus sous le nom de "chapeaugraphie". Ils impliquaient un seul artiste et unique accessoire -Un feutre à large bord avec un trou à la place de la calotte. L'artiste passait sa tête

chapeaugraphieà travers, puis, tordant rapidement le bord, il lui donnait une variété de formes différentes imitant les chapeaux de l'époque, modifiant son expression pour s'adapter à chaque forme. Le chapeaugraphiste était capable de représenter des douzaines de personnages différents masculins et féminins, hautains et abjectes -en les faisant se succéder à vivre allure. Un bon artiste pouvait créer jusqu'à 50 personnages, tous symbolisés par un chapeau approprié.

Le succès de la chapeaugraphie est dû au fait que jusqu'à la Deuxième guerre mondiale, le chapeau faisait partie de la vie de tous les jours.

Les magiciens ont souvent utilisé des chapeaux pour leur numéro. Le premier homme à faire apparaitre un lapin d'un chapeau était louis Compte, un comique de cour Français qui excecuta ce tour en 1814 et ajouta immédiatement un nouveau numéro. Ce tour devint un classique et dès les années 1830, il était le clou du spectacle. Il resta à la mode tout au long du XIXème siècle et ceux qui y excellaient devinrent des hommes riches. Joseph Hartz, exécuta ce tour avec tant de succès dans le monde entier que les rois d'Espagne, du Danemark et de la Grèce, ainsi que le président du Mexique, lui décernèrent des médailles.

lapin chapeau magie

Si le chapeau divertissait sur scène, il agaçait souvent dans les salles... Comme le XIXème siècle touchait à sa fin, les chapeaux des femmes devinrent plus grands. Ils avaient atteint une hauteur et une largeur sans précédent et étaient surchargés d'ornements. En portant des chapeaux d'un tel encombrement, les femmes suivaient l'exemple des grandes actrices de l'époque qui, toutes, avaient une prédilection pour les couvre-chefs extravagants tant sur scène qu'à la ville. A l'époque les costumes de théatre étaient créés en grand et on faisait de même avec les chapeaux. Les oiseaux exotiques et le tulle scintillaient de pierres semi-précieuses. Ses immenses coiffes pouvaient donc être vues dans tout le théatre et particulièrement au poulailler. Une telle splendeur sur scène se reflétait dans la salle, au grand agacement de ceux qui se trouvaient derrière ces superbes créations.

Une avalanche de lettres et de strophes satiriques commentèrent ce phénomène.

Le poème de Walter Buell "It was the hat" nous en dit long sur ce problème :

"Je m'assis derrière elle au théatre

(on me dit qu'il s'agissait d'Othello)

Mais qui jouait, et de quelle façon,

Eh bien demandez-le à quelque autre

J'ai ententu une voix douce et suppliante

un cri perçant et un gémissement étouffé,

Un silence qui, j'imagine, marquait

la mort de Desdémone.

Et ce fut tout : J'écris simplement

Ces lignes pour rappeler à cette

inconnue que je n'ai pas vu la pièce

Parce que j'étais assis derrière elle

grands chapeaux femmes

LE CHAPEAU A L'ECRAN

                                   chapeau melon

                                     Patrick Macnee (chapeau et bottes de cuir)

    J-P Belmondo et A Delon (film Borsalino)

borsalino le filmsherlock holmes casquette

                                        Sherlock Holmes

                               

 

Crocodile Dundee

chapeau crocodile dundee

 

 

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